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Sur les traces des HUG à Salen-Reutenen en Thurgovie

Sur les traces des HUG à Salen-Reutenen en Thurgovie

Une ou deux fois dans l’année, j’essaie d’aller à la découverte des lieux où ont vécu les ancêtres maternels de mes enfants. En cette belle journée d’automne, j’ai souhaité découvrir une partie du canton de Thurgovie (Thurgau en allemand) que je ne connaissais pas, et en particulier le village de Salen-Reutenen. Le grand-père maternel de mon épouse, Hermann Heinrich HUG avait la bourgeoisie de 2 communes de Thurgovie:  Tägerwilen et Salen-Reutenen.

J’ai commencé mes recherches sur les HUG en 2013. J’ai consulté diverses sources telles que les Bürgerregister (registres de bourgeoisie), les Haushaltungsregister (registres des familles), et bien sûr les registres paroissiaux des diverses paroisses réformées du canton. Ces sources mériteraient beaucoup plus d’attention, mais je laisse cela pour un autre article. L’histoire de cette lignée HUG se résume comme suit. C’est en 1890 que Johannes Ulrich HUG (1847-1896), arrière-arrière grand-père de mon épouse, a obtenu la bourgeoise de Tägerwilen où la famille s’était installée. Les générations précédentes vivaient à Salen-Reutenen, commune dont elles avaient la bourgeoisie.

Les diverses sources consultées ne mentionnent que Salen comme lieu d’origine de la famille. C’est un baptême de 1755 qui m’en apprit un peu plus.

Baptême de Johannes HUG, 1755, Evangelische-Reformierte Kirche Steckborn (Staatsarchiv Thurgau)

Le 12 Février 1755 est baptisé dans la paroisse de Steckborn, Johannes HUG (aïeul à la 7ème génération), fils de Hans Ulrich HUG et de Susanna HUBER. Le parrain est Johannes Gul (aujourd’hui orthographié GUHL) et la marraine s’appelle Anna Catharina HANHART. Il est précisé que Hans Ulrich HUG vivait à Höfli. Höfli est un diminutif signifiant Kleiner Hof, petite ferme. C’est donc cette ferme où étaient établis les ancêtres HUG, que j’ai cherchée aujourd’hui.

 

Salen-Reutenen en 1837

Salen-Reutenen est une ancienne commune de Thurgovie située à 700 mètres d’altitude. En 1999, elle a fusionné avec les communes de Gündelhart-Hörhausen et Homburg pour former la commune de Homburg.

Pour confirmer les noms de lieux trouvés dans les registres paroissiaux, je cherche toujours des anciens ouvrages géographiques ou statistiques. Pour le canton de Thurgovie, il existe sur la plateforme E-Rara, un ouvrage de 1837 qui rassemble des informations historiques, géographiques et statistiques sur le canton de Thurgovie intitulé Der Kanton Thurgau, historisch, geographisch, statistisch geschildert … : ein Hand- und Hausbuch für Kantonsbürger und Reisende de J. A. Pupikofer.

Der Kanton Thurgau, historisch, geographisch, statistisch geschildert … : ein Hand- und Hausbuch für Kantonsbürger und Reisende / J. A. Pupikofer / 1837

L’article mentionne que Salen-Reutenen est rattachée à la paroisse de Steckborn, compte 40 maisons, dont 1 dans un lieu nommé Höfli. Bingo ! On apprend aussi que la commune produit des céréales, des fruits et on y fabrique aussi un peu de tissu. Enfin l’article précise que la commune est pauvre.  Voilà de quoi se faire une idée de l’environnent dans lequel vivait la famille et qui explique peut-être pourquoi elle a fini par migrer vers Tägerwilen.

 

A la recherche de Höfli

Malheureusement il n’existe pas sur Google Maps ou sur maps.search.ch de lieu nommé Höfli. Ce sont les cartes que je consulte habituellement.  Il se peut que le lieu concerné ait été renommé, ou alors est si petit qu’il ne figure plus sur les cartes actuelles.

Je me rabats alors sur le site ortsnamen.ch que je recommande à tous ceux qui cherchent à localiser des lieux ou noms de ferme en Suisse. Il permet de faire une recherche dans plusieurs cartes incluant Google Maps, OpenStreetMap Schweiz, Swiss Topo (carte de randonnées) et des cartes du 19ème siècle comme la Dufourkarte et Siegfriedkarte.

Höfli, Salen, Reutenen, carte Swisstopo sur ortsnamen.ch

 

Höfli, Salen, Reutenen, Siegfriedkarte sur ortsnamen.ch

 

 

Salen-Reutenen aujourd’hui

Après une belle promenade dans les environs, nous sommes arrivés par Reutenen où nous avons visité la chapelle Saint-Antoine construite en 1863, dédiée à Sainte-Antoine de Padoue. La chapelle n’appartient à aucune paroisse mais à 26 familles qui ont un lien avec ce lieu et qui s’en occupent. Une messe y a lieu chaque mois.

St-Antonius Kapelle, Salen-Reutenen

Dans la chapelle on trouve aux vitraux les armoiries de Salen-Reutenen. Cela représente probablement des saules (Salen serait un mot ancien pour désigner des saules).

Vitraux representant l’armoirie de Salen-Reuten

Après le hameau de Reutenen, à quelques centaines de mètres, on trouve celui de Salen bordé par une forêt nommée Höfliraa, nom qu’on trouve sur les cartes habituelles telles que Google Maps. “Raa” est un dérivé du mot “Rain” qui signifie la lisière ou le bord. Höfliraa signifie donc à la lisière ou la limite de Höfli. Höfli se trouve en effet de l’autre côté de la forêt comme on peut le voir sur les cartes plus hauts.

Vue de Salen. Höfli se situe de l’autre côté de la forêt.

 

 

 

 

Höfli aujourd’hui

Finalement le repérage sur les diverses cartes aura été utile puisqu’une fois dans les environs il n’a pas été trop difficile de trouver la direction.

Ci-dessous le lieu dit Höfli avec à l’arrière le Rhin et la ville de Steckborn. S’il y avait une seule maison en 1837, il y en a aujourd’hui au moins trois.

Vue de Höfli.

En allant plus près, on trouve l’inscription Höfli sur deux maisons. C’est donc bien dans ce lieu qu’a habité la famille HUG en 1755.

Me trouvant sur une propriété privée, je n’ai pas osé déranger les propriétaires avec mes questions. J’aurais bien aimé savoir de quand date ce bâtiment ci-dessous qui me semble être le plus vieux.

 

Conclusion

C’est toujours un sentiment particulier que de retrouver la ferme ou la maison où ont vécu nos ancêtres, surtout que dans ce cas c’était il y a plus de 260 ans. La recherche n’est pas toujours aisée, la première difficulté étant souvent de déchiffrer le lieu lorsqu’il est mentionné. L’écriture cursive allemande (le Kurrentschrift) ne s’apprivoise pas facilement. 😉

 


Bibliographie

Johann Adam Pupikofer (1797-1882), Der Kanton Thurgau, historisch, geographisch, statistisch geschildert … : ein Hand- und Hausbuch für Kantonsbürger und Reisende, Article sur Salen-Reutenen en page 321.

Eric Trösch, Article sur Salen-Reutenen, Dictionnaire Historique de la Suisse, 11.07.2011

Geneatheme: Paléographie mon amour.

Geneatheme: Paléographie mon amour.

Pour le geneatheme de Janvier, Sophie de la Gazette des Ancêtres nous invite à partager une page d’écriture manuscrite sur le thème “Paléographie, mon amour”. J’ai souhaité mettre à l’honneur les registres des corporations de la ville de Coire (1). 

Dans mes recherches aux Archives Cantonales des Grisons (Staatsarchiv Graubünden), j’avais pu remonter la branche LAURER de ma belle-famille jusqu’à un Bernhard LAURER (1734-1787), ancêtre à la 8ème génération de mon épouse, auquel on donnait le titre de “Oberzunftmeister”. L’un de ses petits-fils, Anton LAURER (1789-1834), ancêtre à la 6ème génération de mon épouse, était lui  désigné “Altzunftmeister”.

Ma connaissance des corporations de la ville de Coire et de leur fonctionnement est encore sommaire.  “Zunftmeister” fait référence au maître d’une corporation. Selon l’article du Dictionnaire Historique de la Suisse (2), le maître de corporation était élu une année par sa corporation et était chargé de régler les conflits, de traiter le cas d’infraction aux règles  de la corporation.  Le premier prévôt des corporations (“Oberzunftmeister”) faisait partie des magistrats suprêmes de la ville.

Les registres des corporations de la ville de Coire

Ce sont les archives municipales de la ville de Coire (Stadtsarchiv Chur) qui détiennent les archives des corporations de la ville. J’y suis donc allé récemment avec l’objectif d’en apprendre plus sur leur parcours au sein de leur corporation. J’ai découvert les registres de corporation (Zunftrodel) sur lesquels sont inscrits les différents membres de la corporation selon leur date d’entrée. On peut parfois y trouver une mention de leur date de décès. C’est surtout par l’écriture que j’ai été fasciné. En voici quelques extraits pour le généathème de ce mois.

Ci-dessous une page extraite du registre de la Schmiedezunft sur laquelle est inscrit Bernhard LAURER. Il est devenu membre en 1757. Sa date de décès le 25 Juillet 1787 y est inscrite.

Stadtarchiv Chur, CB III/Z 27: Zunftrodel der Schmieden 1605-1835

Ci-dessous l’inscription à la Schneiderzunft en 1694 de Johannes FISCHER, ancêtre à la 9ème génération de mon épouse. Admirer le “J” de Johannes et le “F” de Fischer. On y précise qu’il est Zunftmeister. Et j’avoue être hypnotisé par le “R” de Rÿsch (patronyme aujourd’hui orthographié Risch).

Stadtarchiv Chur, CB III/Z 42: Zunftrodel der Schneidern 1605-1839

Retour au registre de la Schmiedezunft, et plus loin encore dans le temps. Adam HITZ et Andreas LORETZ sont inscrits sur les registres en 1643 et 1645.

Stadtarchiv Chur, CB III/Z 27: Zunftrodel der Schmieden 1605-1835


Sources

(1)  Les registres de corporation (Zunftrodel) de la ville de Coire consultés: Stadtarchiv Chur, CB III/Z 27: Zunftrodel der Schmieden 1605-1835 ; Stadtarchiv Chur, CB III/Z 42: Zunftrodel der Schneidern 1605-1839

(2) Katharina Simon-Muscheid, “Maître de corporation”, in Dictionnaire Historique de la Suisse, version du 03.09.2008 (traduit de l’allemand), http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F26433.php

Photos: collection personnelle. Publication avec l’aimable autorisation du personnel du Stadtarchiv Chur.

De l’île Bourbon aux Grisons

Qui est cet Antoine de BAVIERE qui épouse en 1739 à l’île Bourbon mon aïeule Geneviève CADET (1713-1770) ? Il se dit ancien officier d’infanterie et originaire de Coire dans les Grisons. De BAVIERE ! En voilà un nom ! Était-ce un faux-nom ? Cette pensée m’a traversé l’esprit la première fois que mon père m’a parlé de ce mariage.

Comment et pourquoi s’est il retrouvé à Bourbon en 1730 ? Des Grisons à l’île Bourbon, quel voyage cela a dû être !

Ce voyage, je l’ai fait dans l’autre sens. Si mes ancêtres sont originaires de l’île de la Réunion, c’est pourtant à Coire, aux archives cantonales des Grisons que mes recherches généalogiques ont débuté. Je n’étais pas sur la piste d’Antoine, mais plutôt celle de Paul BATTAGLIA, grand-père de ma femme. Et comme par hasard quelques mois plus tard, une certaine Fida BAVIER (sic), elle aussi originaire de Coire, apparaissait dans la généalogie de ma femme. BAVIER … BAVIERE …. y a avait-il un lien ? L’enquête pouvait commencer. Et elle continue.

Cette enquête, j’en parlerai ici. Raconter mes recherches, parler de mes ancêtres, … et peut-être intéresser. Oui, c’est bien ce qui m’a poussé à écrire ce premier billet. Y aura t-il toujours quelque chose d’intéressant à dire ? Y aura t-il le toujours le temps de l’écrire ? Peu importe.

Entreprise comportant des difficultés, une grande part d’inconnu, parfois des aspects extraordinaires, à laquelle participent une ou plusieurs personnes. C’est ainsi que le Larousse définit le mot aventure. C’est exactement comme cela que je vis mes recherches généalogiques … et que j’espère pouvoir les raconter. Ce blog en sera une de plus.

Souhaitez moi bonne chance !  🙂