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Aurore, négresse du Roi

Aurore, négresse du Roi

Le 20 Décembre est jour férié à la Réunion, on y commémore l’abolition de l’esclavage le 20 Décembre 1848. C’est pour moi l’occasion d’évoquer l’histoire d’Aurore qui est la seule de mes ancêtres esclaves pour laquelle je connaisse les circonstances et la date exacte de son arrivée à l’île de la Réunion.

Traite négrière illégale

Rendons-nous à l’île Bourbon (la Réunion) en 1820. Depuis l’ordonnance royale du 9 Janvier 1817, la traite négrière est interdite. L’ordonnance précise: “tout bâtiment qui tenterait d’introduire dans une de nos colonies, des Noirs de traite soit française, soit étrangère, sera confisqué, et le capitaine, s’il est Français, interdit de tout commandement. Sera également confisquée, en pareil cas, toute la partie de la cargaison qui ne consisterait pas en esclaves ; à l’égard des Noirs, ils seront employés dans la colonie aux travaux d’utilité publique.” Voilà qui ne fait pas l’affaire de certains colons de Bourbon qui ont abandonné la culture du café pour se lancer dans l’industrie sucrière, que l’on sait dévoreuse d’esclaves. La traite illégale s’organise.

Le 14 Octobre 1820, un navire de traite, l’Espoir, est saisi avec à son bord 172 malgaches destinés à être esclaves à l’île Bourbon. Le commandant est Augustin PANON, un réunionnais. Mon ancêtre Aurore, 18 ans, faisait partie de la “cargaison”.

Extrait du registre de matricule des Noirs de l’Atelier Colonial, 1er Janvier 1821 (Archives Départementales de la Réunion, Série 11M14)

Le rapport de croisière de la goélette S. M. le Lys qui intercepta l’Espoir précise: “Le 14 au matin j’ai connaissance d’un Lougre, le calme la grosse mer et la brume m’empêchèrent de l’atteindre toute la journée, enfin le soir au coucher du soleil je le joignis à environ trois lieues dans le nord de St-Paul, l’ayant reconnu pour être l’Espoir je me décidai à le visiter étant certain de trouver des noirs à bord. La mer étant extrêmement grosse il perdit sa pirogue en la mettant dehors, je mis la mienne à l’eau , mon second se rendit à bord et trouva que le navire était chargé en plein de noirs, que monsieur Panon capitaine a déclaré être destiné pour Bourbon, ils étaient tellement entassés que l’on n’a pu les compter mais le capitaine a déclaré y en avoir cent soixante quinze ……. Cette prise est la plus belle que l’on ait encore faite à Bourbon, les noirs sont tous bien portants n’ayant eu que trois jours de traversée: il est à craindre qu’en leur faisant faire une quarantaine trop longue ils ne viennent à dépérir et que la maladie commune aux traites ne se propage à bord.

Extrait du rapport de croisière du Lys, 19 Oct 1820 (Archives Départementales de la Réunion, 11M56)

Le procès-verbal de Théodore Alizart commis de marine chargé des chantiers et de ateliers et de la police des noirs du Rois nous éclairent sur le devenir des malgaches saisis ” … avons procédé, au bord de la mer, à la recette de 172 noirs ou négresses malgaches provenant du Lougre anglais l’Espoir pris par la goélette de S. M. Le Lys en contravention aux Lois sur l’abolition de la traite des esclaves: lesquels noirs envoyés du dit navire L’Espoir … ont été marqués des mots AUROI sur le bras gauche … et classés comme suit: 98 noirs de 15 à 40 ans, 46 négrillons de 7 à 15 ans, 19 négresses de 15 à 30 ans, 9 négrittes de 8 à 15 ans. Lesquels 172 noirs ont de suite été portés sur la matricule ouverte à cet effet pour être affectés aux divers ateliers de Sa Majesté“. Ces quelques lignes sont un cruel rappel que l’on capturait aussi des enfants pour les vendre comme esclaves, et que les esclaves étaient parfois marqués (probablement au fer) pour désigner leur appartenance.

Extrait du PV de recette des 172 Malgaches saisis sur l’Espoir (Archives Départementales de la Réunion, 11M56)

Négresse du Roi

Aurore devint donc l’une de ceux et celles que l’on appelait alors les Noirs ou les Négresses du Roi, c’est-à-dire les esclaves qui travaillaient pour la colonie. Elle est mise en apprentissage chez les Soeurs de l’Hôpital où elle travaille comme couturière. Un “Inventaire appréciatif des noirs du Roi existant au premier Janvier de l’année 1822″ la valeur d’Aurore 20 ans est estimée à 1000 Frs en 1821 et 1822. Elle sera estimée à 1200 Frs en 1825 l’année de son décès.

Extrait de la matricule des Noirs au 1er Avril 1822 (Archives Départementales de la Réunion: 11M15)

En 1822 elle accouche d’une enfant nommée Jeannette. L’identité du père n’est pas connue, Aurore ne s’est pas mariée. Elle meurt à 23 ans le 11 Novembre 1825 , soit cinq ans après avoir été capturée. Elle laisse une enfant de 3 ans qui grandira au Camp des Noirs.

Jeannette grandira dans l’atelier colonial et y sera employée comme engagée, c’est-à-dire avec un contrat de travail.

État récapitulatif des esclaves du gouvernement 1815-1848 (Archives Départementales de la Réunion, 11M7)
État récapitulatif des esclaves du gouvernement 1815-1848 (Archives Départementales de la Réunion, 11M7)

Jeannette aura une liaison avec un des employés de l’atelier colonial, mon aïeul Charles DULAC qui fut chef d’atelier mais aussi syndic de l’atelier colonial. De cette liaison est né Charlot, le 27 Mars 1842, et probablement Black et Hercule qui décèderont en bas âge. Jeannette décède le 29 Avril 1845 comme sa mère à 23 ans et laisse comme sa mère un enfant de 3 ans. Charlot sera “remis à son père” (sic) Charles DULAC qui le légitime le 1 Septembre 1846.

État récapitulatif des esclaves du gouvernement 1815-1848 (Archives Départementales de la Réunion, 11M7)
État récapitulatif des esclaves du gouvernement 1815-1848 (Archives Départementales de la Réunion, 11M7)

Conclusion

Traite illégale, entassement sur les bateaux, marquage au bras, captures d’enfants de 7 à 15 ans pour être vendus comme esclaves, telles sont les tristes circonstances entourant l’arrivée forcée d’Aurore à l’île Bourbon. Aurore est aussi la dernière de mes ancêtres “venus” à la Réunion, tous les autres sont arrivés avant 1820 ou bien sont nés à la Réunion. Deux cent ans après son arrivée, je m’étais promis de raconter son histoire sur ce blog. C’est chose faite. Bonne Fêt Kaf à tous les Réunionnais !

SOURCES

  • Recherches généalogiques de Patrick Onézime Laude
  • Archives Départementales de la Réunion
    • 11M7 États récapitulatifs des esclaves du gouvernement 1815-1848
    • 11M56 Traite interlope: saisie des navires par les autorités (1818-1820) L’Espoir
  • Gerbeau, Hubert. 2005. L’esclavage et son ombre. L’île Bourbon aux XIXe et XXe siècles. Thèse de doctorat en Histoire. Université Aix-Marseille.
  • Dargaï, Youmna. 2010. L’atelier colonial à Bourbon de 1832 à 1848. Mémoire de master recherche 2e année : Histoire : La Réunion : 2010.
  • Auguste de La Barre de Nanteuil, Législation de l’île Bourbon: répertoire raisonné des lois, ordonnances en vigueur dans cette colonie, Tome 1, 1844. Gallica BNF. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k65438807/f72.image

Recherches complémentaires à faire aux Archives Départementales de la Réunion

  • Chercher le décès d’Aurore à l’année 1825 dans la sous-série 11M26 (État nominatif des esclaves du gouvernement décédés dans les hôpitaux. Hôpital de St-Denis 1816-130)
  • Chercher Black (n°1813 ex n°1218) et Hercule (n°1918 ex n°1329) dans l’état récapitulatif des esclaves du gouvernement série 11M7.

#Défi2706 en 100 mots – Une tombe, une vieille croix, et le souvenir d’une vie trop courte

#Défi2706 en 100 mots – Une tombe, une vieille croix, et le souvenir d’une vie trop courte

Dans le cadre du #SalonVirtuelledeGénéalogie, Geneatech propose un petit défi : écrire un article de 100 mots sur un évènement de sa généalogie survenu un 27 Juin. C’est l’occasion pour moi de publier un petit texte après une très longue pause sur ce blog.


Intelligent et adorable, mort selon les dires de ta mère, d’un empoisonnement par une voisine jalouse du bel enfant que tu étais. Voilà tout ce que la mémoire familiale a retenu de toi. Il faut dire que tu n’avais pas encore trois ans.

J’ai fait ta connaissance en allant sur la tombe de mon grand-père René, ton neveu. Une vieille croix nous rappelait ton court passage sur terre. C’est aussi dans cette même tombe que tes parents Henri BÈGUE (1880-1957) et Henriette DAMOUR (1876-1930), ton frère Maximilien (1913-1978) sont enterrés.

Cent quinze ans plus tard, Max Lucien BÈGUE (1903-1905), nous ne t’avons pas oublié.


Affranchis de 1848 –  Henriette, Mélanie et Valéry Detorvick

Affranchis de 1848 – Henriette, Mélanie et Valéry Detorvick

Aujourd’hui 20 Décembre, c’est la Fet’ Kaf à la Réunion. Les Réunionnais commémorent la proclamation de l’abolition de l’esclavage le 20 Décembre 1848. Si vous êtes à la Réunion, je vous encourage à profiter des diverses manifestations organisées pour les 170 ans de l’abolition. Je saisis l’occasion pour avancer sur mon objectif de l’année, parler des mes ancêtres affranchis en 1848. J’évoque cette fois Henriette, Mélanie et Valéry DETORVICK et leur identification dans les registres spéciaux de 1848.

L’acte de mariage qui lève le voile

Valéry et Mélanie DETORVICK sont mes 4 x arrières grands-parents. Leur fille Henriette est l’arrière grand-mère de ma grand-mère paternelle. Je l’avais évoqué dans un précédent billet, ma grand-mère paternelle ne savait pas qu’elle avait des ancêtres esclave.

C’est l’acte de mariage de mes arrière arrière arrière grands-parents Emile (COLOGON) et Henriette DETORVICK en 1855 qui lève le voile sur les origines esclaves d’Henriette DETORVICK. Il précise qu’un “extrait des registres spéciaux” est fourni “pour remplacer l’acte de naissance de la future épouse”. Ces registres spéciaux sont en fait les “Registres destinés à l’inscription des personnes non-libres en vertu du décret du 27 Avril 1848“.

 

Registres spéciaux et registres matricules

Le gouvernement provisoire de la Deuxième République avait décrété l’abolition de l’esclavage le 27 Avril 1848. Il souhaitait organiser les élections “dans le plus bref délai possible après la libération générale des esclaves, devenus citoyens français” et donna l’instruction suivante: “les listes électorales seront dressées selon les circonstances propres à chaque colonie, au moyen: 1° des listes électorales antérieures … 4° des registres qui devront être immédiatement établis pour la population actuellement esclave, et sur lesquels tous les individus aujourd’hui portés aux registres matricules des esclaves seront inscrits sous les noms patronymiques qui leur seront attribués”.

Les esclaves n’avaient pas de nom de famille. On les identifiait par leur prénom ou leur surnom et, depuis 1840 par des numéros de matricule. L’ ordonnance du 11 Juin 1839 sur les recensements et l’affranchissement des esclaves dans les colonies (1) précisait qu’à la clôture du recensement général de l’année suivante, il serait “formé à la mairie de chaque commune, un registre contenant la matricule individuelle de tous les esclaves recensés dans la dite commune … La matricule devait énoncer le nom et les prénoms du maître, sa profession et le lieu de sa résidence et devait contenir le nom de ses esclaves, leur sexe, leur âge et les signes particuliers propres à constater leur identité, et préciser quels esclaves étaient mariés”.

Sur les 68 registres spéciaux ouverts dans les communes pour l’inscription des personnes non-libres, seuls 37 nous sont parvenus. Ils ont été numérisés et sont accessibles sur le site des Archives Départementales de la Réunion. A l’exception de la commune de Saint-Benoît, ces registres n’ont malheureusement pas de répertoires. En consultant les relevés réalisés par Pierrette et Bernard NOURIGAT (2), j’ai pu identifier que Valéry, Mélanie et Henriette DETORVICK ont été inscrits sur le registre n°1 tenu par A. Selhausen aux numéros 874, 875 et 879.

 

Quelles informations y trouve t-on ?

La formulation est la même pour toutes: “Le citoyen Valéry, inscrit au Reg(istre) M(atricule) de St-Denis sous le numéro 10397 s’est présenté et après avoir été reconnu par nous a reçu le nom de DETORVICK“. Le sexe et l’année de naissance sont précisés. Ces années de naissance sont parfois approximatives, en particulier quand l’esclave provient de la traite négrière et qu’il est né hors de l’île. Le registre précise que Mélanie est “la femme de Valéry”. Ceci suggère un mariage avant 1848 ce qui était rare dans la population esclave.

Voici les informations extraites des registres.

NOMLienNaissanceN° de matricule
Valéry DETORVICK179410397
Mélanie DETORVICKFemme de Valéry179710398
Françoise DETORVICKFille de Françoise182010394
Louis Valéry DETORVICKFils de Mélanie183910408
Aimée DETORVICKFille de Mélanie182310399
Henriette DETORVICKFille de Mélanie182610400
Mignonne DETORVICKFille d’Henriette184111049
Camille DETORVICKFille d’Henriette1848
Léopold DETORVICKFils d’Henriette184815306
Armand DETORVICKFils de Mélanie182910401
Anaïs DETORVICKFille de Mélanie183510402
Evenor DETORVICKFils d’Anaïs184815776

De ces informations on peut faire les suppositions suivantes:

  • Les numéros de matricule consécutifs suggèrent qu’en 1840 à la création des registres matricules, la famille était “ensemble”, et esclave d’un même propriétaire.
  • Françoise, Aimée, Henriette, Anaïs, Armand sont identifiés comme les enfants de Mélanie. Cela suggère que le mariage de Valéry et Mélanie a eu lieu après leur naissance.

Les registres spéciaux contiennent finalement peu d’informations: ils ne mentionnent pas le lieu ou pays de naissance des esclaves ni qui étaient leur propriétaires. Cela ne diminue en rien leur importance historique et généalogique. Ils sont la trace de l’accession de 62000 esclaves à la liberté, et ils sont aussi les premiers registres (source directe) où sont mentionnés les noms de famille attribués aux nouveaux libres.

 

Les recensements à la rescousse

En consultant le site de Gilles Gérard La famille esclave à Bourbon (3) j’ai pu identifier qu’Henriette, Mélanie et Valéry DETORVICK étaient esclaves de Victor MAILLET. L’étape suivante fut de consulter les feuilles de recensement de Victor MAILLET aux Archives Départementales de la Réunion.

Liste des esclaves de Victor Maillet au recensement de 1848 (Archives Départementales de la Réunion)

Ces recensements m’ont permis d’identifier les origines de mes ancêtres.

  • Valéry était originaire de l’Inde et au moment du recensement il mesurait 1m51, était infirme avait une hernie.
  • Mélanie était originaire de Madagascar, et au moment du recensement mesurait 1m51, servait son maître en tant que domestique et il lui manquait 4 dents.
  • Henriette était créole (i.e. née à l’île Bourbon), mesurait 1m48 et servait son maitre comme domestique.
  • Si le premier enfant est né en 1820, alors Mélanie a été amenée sur l’île au plus tard en 1820.

Cela permet aussi de percer le mystère de ce nom choisi pour cette famille. Le propriétaire de cette famille d’esclaves se prénommait Victor. Ils étaient les “esclaves de Victor”. Par inversion de syllabes, Victor est devenu TORVIC et cela donne “les esclaves DE TORVICK”. Le nom attribué fut DETORVICK.

CONCLUSION

Mon arrière arrière arrière grand-mère Henriette vécut jusqu’en 1881. Sa mère Mélanie ne connut pas longtemps la liberté puisqu’elle mourut 6 mois après l’abolition. Enfin, je n’ai toujours pas trouvé le décès de Valéry DETORVICK. Je sais qu’il habitait encore St-Denis fin 1849 où il était employé comme homme de charge. Il me reste encore beaucoup de recherches à faire pour essayer de me cerner leur vie d’esclaves. Ce sont les recherches les moins faciles à faire, celles qui nécessitent d’être sur place aux Archives Départementales de la Réunion. J’ai une pensée pour eux aujourd’hui, en attendant d’en savoir plus ou de peut-être les rencontrer. Qui sait ? 🙂


NOTES

(1) Voir chapitre Ier article 6 de l’Ordonnance du Roi sur les recensements dans les colonies 11 Juin 1839

(2) Pierrette et Bernard NOURIGAT ont notamment relevé tous les affranchissements de 1815 à 1848 en consultant notamment les registres spéciaux, les bulletins officiels et les actes d’affranchissements reportés dans les registres d’état civil, les actes de mariage des affranchis d’après 1848. Ces relevés sont disponibles dans la salle de lecture des Archives Départementales, auprès du Cercle Généalogique de Bourbon, ou via la liste de diffusion Genbourbon.

(3)  Gilles Gérard met à disposition sa base donnée issue de la thèse en Histoire qu’il a soutenue et qui visait à démontrer l’existence de structure familiale pendant la période de l’esclavage. L’auteur continue ses recherches et met la base régulièrement à jour. Pour reconstituer ces familles, Gilles Gérard a croisé diverses données: les recensements d’avant 1848, les registres de l’état civil ainsi que les relevés d’affranchissement réalisés par Pierrette et Bernard Nourigat.

Geneatheme sur les migrations – Alfred PALMONT et la Nouvelle-Calédonie

Geneatheme sur les migrations – Alfred PALMONT et la Nouvelle-Calédonie

Pour le  geneatheme de Juillet, Sophie de la Gazette des Ancêtres nous invite à parler des migrations dans notre généalogie et à nous poser les questions suivantes. Pourquoi quitter sa famille ? Pourquoi quitter sa région ? Pourquoi partir et refaire sa vie ? Quel fut l’élément déclencheur ?  

Je n’ai malheureusement pas eu beaucoup de temps à consacrer à ce blog ces dernières semaines. Mais je tenais à participer, car les migrations sont bien les histoires qui m’intéressent le plus en généalogie.

Je me contente de partager un document qui m’est d’autant plus cher que je l’ai trouvé totalement par hasard. Ce document témoigne de la situation difficile de mon arrière arrière arrière grand-père Alfred PALMONT en 1873, qui le pousse à vouloir tenter sa chance en Nouvelle-Calédonie.

Les Réunionnais en Nouvelle-Calédonie

Après 1863,  la Réunion traverse une grave crise économique et financière. Elle touche particulièrement l’industrie sucrière et cause un appauvrissement général de la population. Au même moment, la Nouvelle-Calédonie, toute jeune colonie créée en 1853 cherche des colons.  Certains Réunionnais y émigreront pour tenter l’aventure sucrière. D’autres, parmi les plus pauvres, essaient tout simplement de rejoindre cette nouvelle colonie où les perspectives semblent meilleures.

Le carton 4M130 des Archives Départementales de la Réunion (ADR) contient précisément ces demandes de passage vers la Nouvelle-Calédonie couvrant une période allant de 1863 à 1912. Les Réunionnais qui ne peuvent payer le billet, écrivent au Directeur de l’Intérieur pour que celui-ci leur accorde le passage gratuit à bord d’un navire de l’Etat vers la Nouvelle-Calédonie. A la lecture de ses demandes, on devine que les demandeurs se sont fait aider pour les écrire. Toutefois ces lettres témoignent de la misère générale à l’époque.

Vue de la rade de Port de France, future Nouméa (Source: Wikipedia)

Demande d’Alfred PALMONT

Voici la demande de passage faite par mon ancêtre Alfred PALMONT le 3 Mars 1873. Je n’ai corrigé ni les fautes d’orthographe, ni les fautes de grammaire.

Monsieur,

L’état désastreux où m’a mise l’épidémie fiévreuse qui sévit presque dans toute la Colonie, joint à cela le manque de travail qui opposent à ma position de père de famille de cinqs enfants, de continuer a resté dans la Colonie ; dont mon industrie que je professe et l’état de bourlier ; capable de gagner ma vie partout ailleurs, d’après mes capacités et pouvant vous fournir des certificats dans tous les Etablissements ou j’ai travaillé, m’ont suggerée la pensée de me faire l’honneur de vous adresser la présente demande à seule fin que vous voulez bien maccorder un droit de passage comme les autres concurrents pour la Nouvelle Calédonie avec ma petite famille qui se composent de moi ma femme trois garçons et deux filles qui font un nombre de 7, comme je pressent M. le Directeur de l’Intérieur que ce nouveau repatriement me sourit ainsi quà ma petite famille pour l’avenir. J’ai l’honneur de venir solliciter auprès de vous l’accueil favorable que vous donnerez sur ma demande que j’ai l’honneur de vous adresser et vous fournir des certificats de bonne conduite dans chaque commune que j’ai travaillé ; en attendant, veuillez Monsieur le Directeur de l’Intérieur agréer les humbles salutations de votre dévoué serviteur. 

Alfred Palmont

La signature plutôt hésitante contraste particulièrement avec le reste de la lettre. Il s’est fait aider pour la lettre. A son mariage en 1861 il ne savait pas signer.

Demande de passage en Nouvelle-Calédonie d’Alfred PALMONT en 1873. (Source: ADR 4M130)

Au bas de la lettre on trouve quelques lignes où il est confirmé qu’Alfred PALMONT était un bon travailleur et qu’il s’est toujours bien conduit.

Rapport du commissaire de police sur Alfred PALMONT

Le commissaire de police de Saint-Denis mandaté par le Directeur de l’Intérieur écrit ceci.

Monsieur le Directeur de l’Intérieur

En réponse à votre communication du 3 Mars concernant le Sr Alfred Palomnt, j’ai l’honneur de vous donner les renseignements suivants:

Alfred Palmont âgé de 39 ans né à St-Paul où il exerce la profession de bourrelier est marié à Charlotte Bonsang née à St-Denis, âgée de 30 ans.  — Cinq enfants sont issus de ce mariage: Alfred 10 ans, Armand 8 ans, Angela 7 ans, Emilien 5 ans, Marie 2 ans.  Cette famille est dans une profonde misère et n’aurait pour faire face aux premiers frais de son existence à la Nouvelle-Calédonie qu’une somme de 50 francs environ.  La moralité du Sr Palmont n’est pas mauvaise ; mais je pense que si cet ouvrier était un bon travailleur, il trouverait facilement à s’employer ici.

J’ai l’honneur d’être avec respect Monsieur le Directeur de l’Intérieur votre humble et très dévoué serviteur. 

Le commissaire de police.

Rapport de police sur la situation d’Alfred PALMONT en 1873 (Source: ADR 4M130)

Epilogue

Alfred PALMONT n’obtint pas le passage vers la Nouvelle-Calédonie. Le peu d’économies dont il disposait, et sa trop nombreuse famille, étaient un obstacle jugé trop grand pour une émigration réussie. Les doutes du commissaire de police sur la qualité de son travail ont probablement pesé sur la décision finale.

Né esclave en 1833, affranchi à l’âge d’un an avec sa mère, sa grand-mère, ses oncles et tantes par son grand-père, Alfred PALMONT s’était marié une première fois vers 1852, sa femme mourant en couche et son enfant peu après. Il s’était remarié en 1861 à Charlette BONCHAMP (et non BONSANG comme écrit dans le rapport ci-dessus). Après cette demande de passage de 1873, le couple eut encore 3 enfants.

Clin d’oeil de l’histoire, à sa mort en 1883 il était ….  agent de police

Variations d’un patronyme, de Gruchet à Vaulbert de Chantilly

Variations d’un patronyme, de Gruchet à Vaulbert de Chantilly

Dans l’article précédent, je vous parlais de mes recherches pour identifier le père de mon arrière arrière grand-père paternel Stanislas ONÉZIME. Ma conclusion provisoire était que mon arrière arrière arrière grand-père (AAAGP) paternel était probablement Joseph Stanislas VAULBERT de CHANTILLY (1843-1895).  En remontant cette lignée, on rencontre un phénomène connu des généalogistes réunionnais: les patronymes changent au cours des générations. J’ai alors voulu savoir à quelle époque le nom VAULBERT de CHANTILLY était appraru.

 

Variations du patronyme GRUCHET

A l’île de la Réunion, les fils de famille ont parfois rajouté des noms à leur nom de famille originel pour différencier les branches d’une même famille. Dans la descendance de Jean GRUCHET primo-arrivant, on verra ainsi apparaître des GRUCHET BONNAIR, GRUCHET VALOGNE, GRUCHET MILLIANCOURT, GRUCHET MONTESE, GRUCHET DES BARRIERES et GRUCHET VAULBERT.

A travers les générations, les noms originels ont parfois complètement disparu. C’est le cas dans la lignée qui m’intéresse: le nom VAULBERT de CHANTILLY a remplacé en quelques générations le nom GRUCHET. La branche GRUCHET VAULBERT évoluera en GRUCHET VAULBERT CHANTILLY, puis VAULBERT de CHANTILLY.

Le patronyme GRUCHET n’a pas disparu puisqu’il est encore porté à la Réunion.

 

 

Jean GRUCHET – 1ère génération

Jean GRUCHET est originaire de Lisieux dans le Calvados (paroisse Saint-Jacques). Il s’engage comme armurier au service de la Compagnie des Indes. Il arrive à l’île Bourbon sur le Saint Jean Baptise” le 5 Décembre 1689 et s’installe à Saint-Paul. En 1692, il épouse une créole Jeanne BELLON qui lui donnera 11 enfants. Cette dernière meurt en 1729 pendant l’épidémie de variole. En 1730, il épouse Jacquette LÉVÊQUE  avec qui il aura encore 5 enfants. Il meurt à Saint-Paul en 1744.

Jean GRUCHET était illettré. L’orthographe de son nom est donc celle utilisée par les prêtres et ou officiers de la Compagnie.

Mariage de Jean GRUCHET et Jeanne BELLON en 1692. (Source: AD Réunion, transmis par iledelareunion-archive.com)

 

 

Joseph GRUCHET VAULBERT – 2ème génération

Joseph GRUCHET, 14ème enfant de Jean GRUCHET se fera appeler Joseph GRUCHET VAULBERT. Il entre au service de la Compagnie des Indes et s’installe en 1759 à l’île de France (île Maurice). En 1777 il est capitaine des troupes nationales de l’Ile de France et sera ensuite propriétaire. Il meurt en 1796.

Extrait d’une rétrocession à la Compagnie des Indes d’une maison et dépendance. (Source: Archives Nationales d’Outre-Mer, FR ANOM COL E 384)

 

 

Joseph Elie GRUCHET VAULBERT CHANTILLY – 3ème génération

Joseph Elie GRUCHET VAULBERT est né à Port-Louis (Ile de France) en 1770. Il grandit  à l’île de France Maurice mais finira par s’installer à l’Ile Bourbon en 1791. A son mariage en 1796 il signe Joseph GRUCHET VAULBERT.

Signature de Joseph Elie Gruchet Vaulbert à son mariage à Sainte-Suzanne (Réunion) en 1796. (Source: A.N.O.M)

Aux recensements de 1806 et de 1813 il déclare s’appeller GRUCHET VAULBERT mais signe Vaulbert en 1806.

C’est à partir de 1818 qu’il change GRUCHET VAULBERT en VAULBERT CHANTILY (sic).  De même au recensement de 1826 à Saint-André (Réunion), il déclare s’appeler Vaulbert Chantily (sic).

Feuille de recensement de Joseph Elie Vaulbert Chantily. (Source: Recensement de Saint-André, 1826, Archives Départementales de la Réunion)

 

 

Conclusion

C’est donc entre 1813 et 1818 qu’apparaît le nom VAULBERT CHANTILY qui se transformera ensuite en VAULBERT de CHANTILLY.

Tous les VAULBERT de CHANTILLY descendent de Joseph Elie GRUCHET VAULBERT CHANTILLY, et plus précisément de ses 3 fils nommés (voir diagramme plus haut).

A la Réunion, on trouve encore aujourd’hui les patronymes GRUCHET, VAULBERT. A l’île Maurice et en Angleterre on trouve des VAULBERT de CHANTILLY. Ils sont à priori tous descendants de Jean GRUCHET.

C’est donc Jean GRUCHET qui serait mon plus lointain ancêtre sur ma lignée patrilinéaire. Savez-vous comment Antoine Boucher commence sa description de Jean GRUCHET:  “Il n’en fut jamais un qui eut plus l’apparence d’un innocent, …” Je vous en dirai plus dans un prochain billet. 🙂

Stanislas ONÉZIME, qui est-ton père ?

Stanislas ONÉZIME, qui est-ton père ?

En généalogie, il y a des ascendances qu’on aimerait connaître plus que d’autres. Officiellement, je ne remonte ma lignée patrilinéaire (celle du père du père .. de mon père) que jusqu’à mon arrière arrière grand-père Milthiade Stanislas ONÉZIME (1873-1944). C’est un enfant naturel. Son père ne l’a pas reconnu, il porte le nom de famille de sa mère Marie Louise ONÉZIME.

Pourtant, j’ai comme l’impression que Marie Louise ONÉZIME et son fils Stanislas nous ont laissé des indices pour nous suggérer l’identité du père de ce dernier. Je dis “nous”, car mon père a commencé cette enquête bien avant moi. Voilà ce que nous savons et ce que nous pensons savoir. 😉

L’acte de naissance comme point de départ

Milthiade Stanislas ONÉZIME est né en 1873 (1) au lieu-dit le Bazar de la commune de Saint-André (Ile de la Réunion). C’est sa mère Marie Louise ONÉZIME qui déclare la naissance, c’est donc elle qui a choisi les prénoms. Ce détail a son importance. Marie Louise ONÉZIME meurt en 1877 (2), laissant au moins 2 enfants: Marie Illoda (3) âgée de 11 ans et Stanislas qui n’a pas encore 4 ans. Stanislas fut élevé selon les dires de son fils par une vieille tante que l’on appelait “Tante Bibasse”. Je n’ai pas encore identifié cette personne.

Petit Bazar et Champ-Borne, commune de Saint-André. (Source: fr.mappy.com)

Selon les registres de baptême de Saint-André, Stanislas eut comme parrain et marraine Jules DESVENTES et Julie DESVENTES. Là encore, je n’ai pas encore identifié ces personnes.

La tradition orale comme pièce maîtresse

En parlant de son père Stanislas ONÉZIME, mon arrière grand-père David, nous a donné une information cruciale. David se souvenait avoir régulièrement rendu visite à Thomas Hyacinthe Adolphe VAULBERT (1862-1948) que son père appelait “mon oncle“.  Dans ce temps-là, on n’appelait pas “mon oncle” n’importe qui.

David nous a aussi parlé des filles d’Adolphe Hyacinthe VAULBERT avec qui il se souvenait avoir eu de bonnes relations: Marie Jeanne Léonie VAULBERT (1900-2000) épouse René DUPUIS qu’il nommait Mme DUPUIS, et Anne Marie Thérèse VAULBERT (1889-1980) épouse EMMEREZ de CHARMOY.

L’acte de mariage qui conforte la tradition orale

L’acte de mariage de Stanislas ONÉZIME (4) ne donne aucune indication sur sa filiation paternelle mais il confirme les dires de David ONÉZIME sur un point: la proximité avec Adolphe Hyacinthe VAULBERT. Ce dernier était en effet le premier des témoins de Stanislas ONÉZIME. L’acte précise que Hyacinthe VAULBERT avait alors 35 ans et était directeur de l’école laïque de Champ Borne à Saint-André. Il signe Ad Hthe Vaulbert

Extrait de l’acte de mariage de Stanislas ONÉZIME x Mathide BACHELIER (Source: ANOM)

La fratrie VAULBERT (de CHANTILLY)

Si Hyacinthe VAULBERT était l’oncle de Stanislas ONEZIME, c’est donc du côté de ses frères qu’il faut chercher le père. La fratrie se compose comme suit

1) Henry Romuald VAULBERT (1840-1884) vécut à Saint-André où il mourut célibataire et sans descendance connue.

2) Joseph Stanislas VAULBERT (1843-1895) s’établit à l’île Maurice où il se maria et eut une descendance. Il mourut en 1895. Il était connu sous le nom de Stanislas VAULBERT de CHANTILLY.

3) Ubalde Bernardin Kernovy VAULBERT (1849-1931) vécut à Saint-André où il eut une descendance.

4) Antoine Chauvigny VAULBERT (1852- 1918)vécut à Saint-André où il eut une descendance.

5) Laurent Etienne VAULBERT (1855-1891)vécut à Saint-André où il mourut célibataire et sans descendance connue.

Les prénoms, indices ou coïncidences

Milthiade (ou Miltiade) est un prénom très rare à la Réunion. Dans la base des mariages du Cercle Généalogique de Bourbon (5), je n’ai trouvé que 2 personnes qui portent ce prénom. On peut se demander comment Marie Louise ONÉZIME a eu l’idée de ce prénom. En fait Miltiade est aussi celui de l’oncle maternel des frères VAULBERT, Prosper Joseph Miltiade GANNÉ (1824-1879). Coïncidence?

Si Stanislas n’est pas un prénom si rare, on peut tout de même noter que Marie Louise ONÉZIME a choisi pour son fils Stanislas le même prénom usuel que celui du deuxième de la fratrie VAULBERT: Joseph Stanislas VAULBERT. Ce prénom est totalement absent du côté ONÉZIME.

Enfin on pourra aussi noter que Stanislas ONÉZIME semblait “viscéralement” attaché au prénom de Joseph puisqu’il a donné ce prénom à ses 6 fils. Ces derniers se nomment: Joseph Ariste, Stanislas Joseph, Joseph David (mon arrière grand-père), Joseph Moïse, Louis Joseph et Aristide Joseph. Or Joseph est aussi le premier prénom de Joseph Stanislas VAULBERT.

Récapitulatif des indices

Sur les traces de Joseph Stanislas VAULBERT de CHANTILLY à l’île Maurice

Mon 3 x arrière grand-père pourrait donc être Joseph Stanislas VAULBERT de CHANTILLY. Je sais peu de choses sur lui. Il est né en 1843 à Saint-André. Sur son acte de naissance il porte le nom de VAULBERT mais il reprendra plus tard, comme d’autres membres de la famille, le nom de VAULBERT de CHANTILLY qui avait été porté par son grand-père Joseph Elie GRUCHET VAULBERT CHANTILLY (1770-1846). Cette lignée se remonte jusqu’à Jean GRUCHET (ca. 1669-1744) l’un des tous premiers habitants de l’Ile Bourbon, originaire de Lisieux dans le Calvados. Sur la branche des GRUCHET qui me concerne, le nom de famille a ainsi évolué, de GRUCHET, à GRUCHET VAULBERT, puis GRUCHET VAULBERT CHANTILLY, et enfin VAULBERT de CHANTILLY.

Stanislas VAULBERT de CHANTILLY s’établit à l’île Maurice où il épousa une créole mauricienne Angéla LEBLANC en 1867. Au moins deux enfants sont nés de ce mariage: Joseph Nathaniel (ca. 1874 – 1931) et Marie Amélie VAULBERT de CHANTILLY (1880-1933) qui épousera Tristan POUGNET. On notera que la première naissance a lieu 7 ans après le mariage. Angéla LEBLANC décède à Saint-André en 1898, et c’est son beau-frère Kernovy VAULBERT qui déclare le décès. Cela confirme au passage que Stanislas était resté en contact avec ses frères et sa famille à l’île de la Réunion.

Je n’ai pas pu pousser plus loin mes recherches à l’île Maurice.  Les relevés du Cercle Généalogique Maurice Rodrigues et les relevés partiels du cimetière de Port-Louis Ouest effectués par Alain Mathieu m’ont permis de trouver les informations évoquées ci-dessus. Mais pour en savoir plus il me faudrait consulter l’état-civil, mais il n’est accessible qu’aux descendants.

Pas de photos mais un signalement et quelques anecdotes

Malgré les recherches de mon père auprès des ONÉZIME, nous n’avons aucune photo de Stanislas ONÉZIME. Sa fiche matricule nous donne quand même son signalement: cheveux et sourcils châtains, yeux gris front découvert, nez ordinaire, bouche moyenne, visage ovale, taille 1m58. Marques particulières: blanc. Son fils David nous a confirmé qu’il était blanc aux yeux bleus.

Signalement extrait de la fiche matricule de Stanislas ONÉZIME (Source ANOM)

Son fils et sa belle-fille nous ont transmis le reste des informations que nous avons à propos de lui. Stanislas ONÉZIME fut mécanicien et participa à la construction des féculeries de manioc de Quartier-Français, et celles de de Ravine-Creuse appartenant à Joseph Mourouvin. Il aurait aussi été employé communal à Saint-André sous le majorat de Léopold Martin dans les années 1920. Stanislas eut au moins 7 enfants avec Mathilde BACHELIER qui l’appelait “Louloute”. Stanislas et Mathilde priaient beaucoup et allaient régulièrement à la messe. Vers la fin de leur vie, le vieux couple se couchait assez tôt et se levaient vers 3h du matin. Ils restaient dans leur cuisine à “chauffer le feu”, boire le café et prier.  Stanislas ONÉZIME et Mathilde BACHELIER sont enterrés dans le cimetière de Saint-André, dans ce qui est aujourd’hui le caveau des ONÉZIME. Leurs croix, que mon père a vu, ont malheureusement disparu.

Conclusion

Les informations transmises par mon arrière grand-père David et les indices évoqués ci-dessus semblent donc relier Stanislas ONÉZIME aux VAULBERT de CHANTILLY. Mais je ne me fais aucune illusion, je ne pense pas trouver de documents identifiant un quelconque lien de parenté entre mon arrière arrière grand-père Stanislas ONÉZIME et les frères VAULBERT de CHANTILLY. Alors que chercher de plus aujourd’hui ?

Comme beaucoup de généalogistes amateurs, je cherche toute information qui m’aiderait à mieux connaître la vie de mes ancêtres, et donc en particulier sur Stanislas ONÉZIME et les frères VAULBERT de CHANTILLY à la Réunion ou à l’île Maurice. Si Stanislas fréquentait “son oncle” Hyacinthe VAULBERT de CHANTILLY, peut-être existe t-il des photos où il apparaît.  Si un lecteur de ce blog a des informations supplémentaires sur les personnes citées dans l’article, alors je serais ravi d’échanger avec lui. N’hésitez pas à utiliser le formulaire de contact, les messages vont directement dans mon e-mail et ne sont pas publiés sur le site.

Ah, j’oubliais. Il reste bien sûr la piste de la généalogie génétique. Voulant en savoir plus sur ma lignée patrilinéaire, j’ai fait tester mon ADN Y (le chromosome Y se transmet de manière identique de père en fils).  Mais ça, c’est une autre histoire et pour un autre billet. 😉


Notes

(1) Il est né le 25 Mars 1873 à St-André. Source:  ANOM, St-André, Naissances, 1873, Acte n.49, Vue n.13

(2) Marie Louise ONÉZIME meurt le 4 Février 1877 à Saint-André. Source: ANOM, Saint-André, Décès, 1877, Acte n.52, Vue n.14

(3) Marie Illoda naît en 1866. Elle réapparaît à Saint-Denis en 1899 où elle épouse Valfroy Guillaume Patrice GANELON dont elle aura un enfant. En 1902 elle épouse à Saint-Denis Paul Edouard Félix ORVAL dont elle aura 3 enfants. Elle ne semble plus avoir été en contact avec son petit frère Stanislas et mon arrière grand-père n’a jamais entendu parlé d’une tante ni de cousins du côté paternel.

(4) Milthiade Stanislas ONÉZIME épouse Mathilde BACHELIER le 8 Janvier 1898 à St-André. Source: ANOM, Saint-André. Mariages, 1898, Acte n.2, vue n.2

(5) La  base des mariages du Cercle Généalogique de Bourbon contient notamment les relevés de mariage de Colette et Sully DUBARD sur la période 1811-1905 ainsi que les mariages de la période 1665-1810 extraits du Dictionnaire Généalogique des familles de l’Ile Bourbon de Camille Ricquebourg.